Toujours en quête des plus beaux jardins du Japon, nous voilà maintenant à Takamatsu, sur l’île de Shikoku, la plus petite des quatre grandes îles japonaises.

Situé en centre-ville, l'immense jardin Risturin étendu sur 75 hectares est une bouffée d’oxygène dans un amas de béton ! Avec pas moins de six bassins et treize collines artificielles, plusieurs ponts et pavillons, le jardin est attractif toute l’année de par les végétaux qui le composent (iris, lotus, pins, érables, cerisiers, abricotiers, palmiers…).

Ouvert au public depuis 1875, il fût désigné « Paysage Exceptionnel » en 1953 lorsqu’il est devenu parc départemental, dans le cadre de la loi sur la protection des biens culturels.

Commencé en 1625, le parc n’avait initialement qu’un seul bassin. Il aura fallu 120 années et plusieurs seigneurs pour que le jardin prenne l’allure qu’on lui confère aujourd’hui.

 

L’aménagement du jardin fait que le visiteur n’embrasse pas l’étendue d’un seul regard, c’est l’un des principes du jardin Kaiyushiki (de promenade).

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Adosser au Mont Shiun, le jardin se divise en deux grandes parties pour offrir une balade en deux temps. Avec ce mont en toile de fond, on a l'impression que le jardin est immence. On parle de la technique shakkei qui consiste à donner l'illusion que le paysage derrière le jardin fait partie intégrante du jardin et qu'il s'étend ainsi à perte de vue. Hors, le jardin est intégré dans le paysage mais ce n'est pas pour autant que l'on peut accéder au Mont Shiun. Ainsi, shakkei se traduit pas "paysage emprunté".

Nous vous recommandons de commencer par le chemin du Nord (sur votre droite lorsque vous êtes face au Mont Shiun) pour poursuivre par le second chemin, le chemin du Sud. C’est celui que nous avons préféré en cette saison.

En cheminant sur les sentiers sinueux, nous allons de découverte en découverte. Cette charmante maison de thé Kyu Higurashi-tei, construite dans les années 1700, est un héritage historique du début de l’époque d’Edo.

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Ce pavillon de thé Kikugetsu-tei s'inspire d'un poème de l'époque Tang : "l'eau qu'on a prise au creux de sa main, la lune s'y reflète". Il offre une très belle vue sur le bassin sud.

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Ce pin, est le plus beaux du jardin. Le Tsuru Kame Matsu est un pin représentant une grue sur une tortue constituée de 110 pierres. Sur le dos de la tortue, le pin donne l’impression d’être une grue qui danse. Enfin, c’est comme cela qu’il faut l’interpréter.

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Alors que « Ritsurin » signifie « bosquet de châtaigniers », le jardin a été créée à l’origine comme un jardin de pins. Des milliers de pins sont taillés avec minutie à l’aide d’un ciseau ! Sur les 1400 que recense le jardin, 1000 sont mis en forme. Nous n’en revenions pas lorsque nous avons observé le jardinier s’afféré à la taille d’un pin avec… un ciseau à bonsaï. Ce n’est pas rapide mais, visiblement, c’est l’outil de la perfection !

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Le pin est quasi omniprésent dans les jardins et les temples. Symbole de longévité et d’éternité, il n’est pas rare de voir des sujets qui ont plusieurs centaines d’année. Nous n’avons aucun doute sur cette symbolique au regard de ce qu’on a vu durant notre séjour. REMARQUABLE !!!! Ici au jardin Ritsurin, certains ont plus de 300 ans !

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La balade se termine en apothéose lorsque nous sommes sur le pont Engetsu-kyo. Le point d’orgue est la perspective qu’offre la vue depuis ce pont. Le Mont Shiun en toile de fond, le paysage se détache offrant un camaïeu de vert ponctué de touches colorées. Cette vue est l’une des plus harmonieuse du Japon. WAOUH !!! Quand l’Homme et la Nature s’accordent parfaitement pour ne faire qu’un et créé un patrimoine historique, quelle émotion.

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Ce magnifique jardin n’a pas volé les nombreuses récompenses qui lui ont été attribuées. En effet, en plus de ces 3 étoiles au Guide Vert Michelin Japon, les pins et le kikugetsu-tei (grand pavillon de thé) se sont vu chacun attribuer 2 étoiles. Hirai-hô et Engetsu-kyo ont une étoile. On comprend pourquoi on a des étoiles plein yeux lors de cette visite ; avec un cumul de neuf étoiles, le Guide Vert Michelin valorise ce patrimoine naturel et culturel.

Ce n’est pas terminé ! Nous prenons de la hauteur sur la colline Hirai-hô. Le plus beau point de vue sur le jardin. EPOUSTOUFLANT !!!

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C’est le second jardin que nous visitons au Japon et on se rend compte à quel point la conception des jardins est complexe, symbolique, mûrement réfléchi, empreint de spiritualité. Il n’y a pas de place pour l’improvisation. Néanmoins, on se sent bien. Une véritable échappée Zen durant laquelle l’esprit s’évade et oublie complètement que nous sommes au cœur d’une ville. Le talent Japonais, indéniablement !

 

Nota bene : prévoir une bonne demi-journée pour la visite de ce joyau, jadis lieu de vie des seigneurs locaux.

A bientôt pour la découverte du jardin que nous avons préféré !