JOUR 6 : NAOSHIMA – TAKAMATSU – YAKURI - TAKAMATSU

Après une heure de ferry, nous foulons le sol de TAKAMATSU, sur l’île de Shikoku. Comme souvent, après avoir déposé nos sacs à dos à la consigne de la gare (identifier dans les gares par des panneaux mentionnant « coin lauckers » : moyennant une centaine de yens, vous pouvez laisser vos sacs ou valises dans des casiers sécurisés. Super pratique ! Comme nous changions d’hébergement souvent et qu’ils étaient disponibles que dans l’après-midi, cela nous évitait de porter nos bagages), nous nous renseignons au point information pour s’assurer que ce j’ai prévu est viable.

En route (enfin, plutôt en train !) pour YASHIMA pour sortir des sentiers battus et visiter le 85ème temple du pèlerinage de Shikoku, Yakuri-ji, sur le mont Goken. Le chemin du pèlerinage s’étend sur plus ou moins 1200 km, selon l’itinéraire emprunté, et passe par 88 temples bouddhistes. Une sorte de chemin de Compostelle à la japonaise.

Nous prenons une ligne de chemin de fer privée pour aller jusqu’à YAKURI. De là, il faut marcher jusqu’au funiculaire. Nous avons choisi de ne pas emprunter la route traditionnelle mais plutôt de suivre notre instinct. Nous sommes passés dans les petites rues de campagne et avons pu observer les locaux cultiver leur potager et s’afférer à la taille des végétaux dans leurs jardins.

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Nous arrivons enfin au funiculaire, lequel conduit à l’entrée du temple tout en offrant une vue panoramique sur Takamatsu.

Nous voilà au 85ème temple, Yakuri-ji.

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C’est hors des sentiers battus mais il faut reconnaître que ça vaut le détour. Finis les hordes de chinois qui envahissent les principaux lieux touristiques (c’est hallucinant !!!). Là, il n’y avait quasiment personne hormis quelques pèlerins. Cela s’explique certainement par l’accessibilité qui n’est pas aisée et qui demande du temps durant son séjour. Ainsi, les touristes ne doivent pas privilégier cet itinéraire. Pourtant, il y règne une véritable sérénité et plénitude qui change des tumultes de la vie urbaine. J’y ai reçu mon premier goshuin (plus de détail à la fin de l'article).

 

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Sur le chemin du retour, après le funiculaire et avant la gare, par l’itinéraire « classique », nous sommes allées déguster la spécialité locale : les Udon, dans une ancienne résidence japonaise dans laquelle on mange sur les tatamis : UDON HONJIN YAMADA-YA. Pas un touriste (enfin si, nous) et un magnifique jardin en prime ! On adore ! Ces nouilles de blé sont les plus épaisses que l’on trouve au Japon.

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Aussi, ce village est dédié à la taille de granit et de nombreux professionnels vendent d’importants sujets pour mettre au jardin : des bouddhas, des sculptures diverses et variées, des lanternes…

Mine de rien, avec les correspondances entre le train (un changement à faire), le funiculaire, se perdre dans le village… cette virée nous aura pris pas mal de temps.

Notre soirée est consacrée à un petit « son et lumière » local offert par la ville de Takamatsu à ces administrés. Le spectacle est décevant mais la vue qu’offre le 21ème étage de la préfecture est plutôt sympa.

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JOUR 7 : TAKAMATSU – MATSUE

Nous avons profité de toute la matinée pour visiter le Jardin de Ritsurin-koen. Considéré comme l’un des trois plus beaux jardins du Japon, je lui consacrerai prochainement un article. 

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Dans l’après-midi, nous gagnons MATSUE. Le château fermant à 17h, il n’est pas possible de le visiter. Nous nous rendons à l’office du tourisme pour voir comment nous pouvons organiser notre journée du lendemain. Il va falloir faire un choix… Nous décidons de faire l’impasse sur la visite du château que nous nous contenterons d’admirer éclairer dans la nuit pour privilégier IZUMO et YASUGI, le lendemain. C’est sans regret puisque nous avons bien profité du jardin de Ritsurin-koen à Takamatsu le matin.

Dans notre hébergement, il y a un sentō. C’est notre première dans un bain commun. Ainsi, nous nous initions à cet art de vivre japonais. Comme traditionnellement, les hommes sont séparés des femmes. Il convient de faire une minutieuse toilette avant de se mettre dans le bain. Les japonaises que j’ai pu observer ne passe pas moins de 20 minutes à se laver, relaver encore et encore avant d’entrer dans le bain. J’en ai fait de même. L’eau du bain est très chaude, l’endroit est propice à la détente. A la sortie du bain (lorsque j’étais rouge comme une écrevisse et que j’avais des gouttes de sueur sur le visage), il faut de nouveau se relaver, moins longtemps cette fois. La nudité n’est absolument pas un obstacle puisque les japonais ont l’habitude de cette pratique. Ensuite, vient le temps de se pomponner. Il y a de grands miroirs, des sièges, des sèche-cheveux, des laits pour le corps… Bref, de quoi ressortir de cet endroit beau comme un sous neuf et très zen !

La soirée est consacrée à se promener dans les rues de la ville et faire le tour de l'enceinte du château illuminé.

 

JOUR 8 : MATZU – IZUMO – YAGUSI – HIROSHIMA

IZUMO

Il est vrai que le grand sanctuaire Izumo Taisha n’est pas hyper pratique d’accès depuis Matsue car il faut prendre le train (jolie vue sur le paysage côtier) puis le bus et il faut dire que tout cela ne s’enchaîne pas très bien. Il y a des temps d’attente. Ce n'est pas bien grave, le tout est de partir de bonne heure et de bonne humeur !

Izumo Taisha est probablement le plus ancien sanctuaire shintoïste (les origines remonteraient au VIIIème siècle) et le second sanctuaire shinto de l’archipel Nippon. Nous sommes samedi et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a foule ! La file d’attente était interminable pour prier Okuninushi, une des sept divinités du Bonheur et l’un des dieux les plus importants de la mythologie japonaise. Pour ce faire, les visiteurs qui le souhaitent, jettent d’abord des pièces de monnaie en guise d’offrande dans le grand coffre en bois « saisenbako » (c’est valable pour tous les temples) pour attirer l’attention des divinités. Ensuite, il faut s’incliner à deux reprises, puis frapper quatre fois dans les mains, faire sa prière et enfin s’incliner une dernière fois.

Sur le fronton du pavillon des danses, Kaguraden, une corde tressée shimenawa faite de paille de riz a vocation à protéger le temple shintoïste et à délimiter une enceinte sacrée. Pesant plus de 5 tonnes, c’est la plus lourde corde du Japon.

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Les petits papiers blancs que vous voyez à droite sur la photo sont des gohei, bandes de papier pliés en zig zag pour signaler la présence d'une divinité.

Ce sanctuaire est immense. On y croise de petits lapins tout choupinets. Mais qu’est-ce qu’ils font là ? C’est curieux dans le décor ! En réalité (et pour faire très court 😊), ils sont un peu partout car Okuninushi a sauvé un lapin du terrible sort qui lui était réservé dans la légende du lapin blanc d’Inaba.

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A 1 km du sanctuaire se trouve la plage sacrée Inasa no hama.

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YASUGI

Depuis IZUMO c’est un peu galère car, une fois de plus, les transports ne s’enchaînent pas hyper bien et il y a des temps d’attente (bus, changement de gare…). Néanmoins, le musée d’art Adachi vaut VRAIMENT le détour ! Je dirai même plus, les amoureux de jardin et du Japon doivent ABSOLUMENT le visiter ! C’est un musée où la nature est érigée au rang d’œuvre d’art. L’architecture du musée permet d’admirer des tableaux végétaux. C’est un jardin fait pour être contemplé puisque nul ne peut y entrer. C’est un véritable chef d’œuvre qui offre une certaine idée de la perfection japonaise au jardin. Plusieurs fois élus plus beau jardin japonais par le magazine spécialisé Journal of Japanese gardening, c’est le jardin que nous avons préféré. C’est notre TOP 1. Initialement, c’est ce musée qui nous a conduit jusqu’à Matsue. Nous ne regrettons absolument pas se détour. Nous n’avons que des superlatifs pour décrire ce que nous avons vu. Je vous proposerai prochainement un article sur ce jardin à couper le souffle.

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Le musée présente des oeuvres japonaises contemporaines. Coup de cœur pour des artistes que je ne connaissais absolument pas et dont j'ai beaucoup apprécié les oeuvres. En voici quelques unes :

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         Peonies, Sakakibara Shiho, 1938                            Dragon and Mt. Fuji, Yokoyama Taikan, 1940

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Cranes in Kibi, Nishida Shunei, 2006

Pour rejoindre Hiroshima, nous prenons le Shikansen, le TGV japonaise. Bel outil de technologie assortie d’une gestion implacable digne d’une horlogerie suisse qui rend le résultat génial ! C’est la première fois que nous l’empruntons. Avec son nez aérodynamique, il fend le vent à 320 km/h. Afin d’améliorer l’aérodynamisme et limiter les nuisances sonores, un ingénieur japonais s’est inspiré de la nature et plus particulièrement du martin-pêcheur.

Ces atouts : confort, silence, propreté, sécurité, fiabilité, ponctualité ! Les sièges sont confortables, c'est spacieux, il y a des accessoires pratiques (porte-manteau, prise électrique, tablettes…), les indications sont visuelles et sonores, en japonais et en anglais, le bruit est très limité, il est ponctuel (comme tous les autres trains japonais), les règles de sécurité drastique : les employés sont hypers concentrés et on peut assister à une sorte de chorégraphie du contrôleur sur le quai… et tout est super propre !

Grâce au réseau ferroviaire développé et réglé comme du papier à musique, nous avons pu nous rendre dans des endroits assez éloignés les uns des autres en un temps record ! (Le réseau ferroviaire français pourrait en prendre de la graine !). J’aime autant vous dire qu’on n'a pas le temps de se voir conduire ! TIP TOP !

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HIROSHIMA

22h45 : nous sommes au Parc du Mémorial de la Paix. Quelle HISTOIRE que cette tragédie ! J’ai beaucoup apprécié la flamme de la Paix et les fleurs coupées qui semblent être régulièrement posées au pied du cénotaphe. En espérant qu’un tel drame ne se reproduise plus jamais.

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Dôme de Genbaku (= bombe atomique)

 

La suite de notre séjour tout bientôt !

 

(^-^) En attendant, petit clin d'oeil sur une tradition culturelle nippone : le goshuin-chō

Pour garder un souvenir de leur passage dans les temples ou les sanctuaires, les japonais utilisent le goshuincho : un petit carnet « accordéon » fait de papier de grande qualité qui absorbe l’encre rapidement.

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Ainsi, les japonais attendent parfois dans une file bien longue de recevoir d’un moine le goshuin, moyennant une offrande de 300 yens (pouvant aller jusqu’à 500 Yens).

Le ou la moine appose le sceau (ou les sceaux) de l’endroit dans lequel on se trouve en l’appuyant sur le coussin encreur rouge. Ensuite, il trempe son pinceau de calligraphie dans l’encre puis, d’un geste précis, couche l’écriture sur le papier. Ainsi, nous avons la preuve de notre venue dans ce lieu de culte. Chaque endroit à son (ses) propre(s) sceau(x). Bien souvent, le lieu ainsi que la date du jour sont mentionnés. Parfois, une bénédiction est ajoutée.

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Nous avons suivi cette tradition durant les 16 premiers jours de notre voyage (ensuite, notre carnet était plein 😉) en y ajoutant également les tampons que l’on trouve dans les endroits où il y a un intérêt historique, culturel…. Les japonais n’ajoutent pas les tampons dans le goshuin-chō, seulement les goshuin.

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Un souvenir unique.